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Coliques

Les pleurs sont physiologiquement pluriquotidiens chez le jeune nourrisson, augmentent en fréquence et durée de la naissance jusqu’à l’âge de 6 semaines, puis baissent progressivement pour disparaître vers la fin du premier trimestre (1). Les pleurs jugés excessifs sont source de nombreuses consultations en médecine ambulatoire comme en PMI et même aux urgences hospitalières. Leur prise en charge nécessite une grande disponibilité et participe à la prévention du syndrome des bébés secoués.

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En cas de pleurs paroxystiques aigus et récents, en général intenses et de début brutal, il convient d’éliminer une pathologie médicale ou chirurgicale dont la prise en charge est souvent urgente. Le plus souvent, les pleurs datent depuis plusieurs jours ou semaines, et sont jugés excessifs par les parents. Il faut apprécier leur caractère réellement excessif, arbitrairement défini par la règle des 3 fois 3 (plus de 3 heures par jour, plus de 3 jours par semaine, depuis au moins 3 semaines) et surtout le ressenti des familles, souvent dépassées ou anxieuses. Il convient de rechercher des symptômes associés qui orienteraient vers une oesophagite par reflux (régurgitations, pleurs liés à l’alimentation), ou plus rarement vers une allergie aux protéines du lait de vache (eczéma, prise de poids insuffisant, selles molles, vomissements).

Habituellement les pleurs sont isolés, ou associés à des troubles du sommeil, et correspondent aux « coliques du nourrisson ». La prise en charge est surtout basée sur l’écoute, le soutien empathique.

Réexpliquer les besoins physiologiques et le rythme veille sommeil normaux du nouveau-né est important.
Des conseils pour le portage, l’enveloppement, l’endormissement sont utiles.
Il faut apprécier l’inquiétude de la mère, la rassurer sur ses compétences, et redonner confiance aux parents.

L’administration de laits spécifiques peut être envisagée : lait épaissi, lait pauvre en lactose, lait contenant des pré/probiotiques, tout en évitant des changements de lait itératifs.

Parfois les pleurs ne semblent pas quantitativement excessifs et contrastent avec une anxiété maternelle marquée, voire des éléments dépressifs. Il faut alors évoquer un post-partum blues, voire une dépression post-natale, responsables de troubles des interactions mère-enfant pouvant justifier d’une prise en charge psychiatrique spécialisée.